Synthèse régime

Manger moins pour perdre plus

"La clef du régime miracle (enfin)", "Les régimes amaigrissants ne servent à rien" ?

     Une étude américaine a évalué la perte de poids à 2 ans chez des sujets en surcharge pondérale. Les quatre régimes testés différaient par la répartition calorique entre lipides, protides et glucides. Il n'y a pas de solution miracle, révèle une étude qui a comparé l'efficacité de quatre régimes destinés à lutter contre l'obésité.

     Comment s'y retrouver parmi la pléthore de régimes amaigrissants vantés par des nutritionnistes plus médiatiques les uns que les autres? Ecoutez d'abord votre bon sens, conseille une étude publiée dans le très sérieux " New England Journal of Medecine".

     Première règle dans un régime, c'est que, pour maigrir, il faut manger moins... ou autrement dit diminuer les apports caloriques. De manière plus globale, en matière de santé, les auteurs rappellent qu'il reste conseillé d'adopter de bons comportements diététiques pour la santé cardio-vasculaire et limiter le risque de diabète et de dyslipidémies.

     L'obésité touche près de 38% des Américains. Aux Etats-Unis, cette épidémie est un problème majeur de santé publique. C'est aussi là-bas que depuis une trentaine d'années sont régulièrement mis au point toute une série de régimes amaigrissants miracles ou annoncés comme tels.Le plus célèbre d'entre eux est certainement le régime de Atkins (vu précedemment), qui a fait des centaines de milliers d'adeptes dans le monde.

     Le problème est que leur efficacité ne s'appuie que sur des études de courte durée et n'impliquant qu"un petit nombre de personnes. Pour y voir plus clair, une équipe de chercheurs américains pilotés par Franck Saks, de l'Ecole de médecine de Harvard, a comparé les performances de quatre grands types de régimes amaigrissants. Ce faisant, ils ont mené la plus vaste étude comparative jamais menée dans le monde.

     Leur conclusion est sans appel: il n'y a pas de régime miracle pour lutter contre l'obésité et perdre des kilos. Ce qui compte avant tout, c'est un apport calorique modéré, la motivation et le suivi du régime. Ils publient leurs résultats dans le New England Journal of Medecine.

     Pendant deux ans, un peu plus de 800 volontaires frappés d'obésité ont testé l'un des quatre régimes. Chacun d'eux avait le même apport calorique modéré (autour de 2000 calories), correspondant à ce que mange une femme sédentaire de 60 kg. Les personnes obèses consomment en général jusqu'à 3000 calories par jour.

Seulement 3kg après deux ans:

     Durant toute cette période, les volontaires ont été régulièrement pesés, on a mesuré leur tour de taille, pris leur tension, suivi l'évolution de leur masse corporelle, fait des analyses sanguines, urinaires, etc. Au final, aucun des quatre régimes n'est sorti du lot. Leur efficacité s'est révélée pratiquement identique avec des résultats très modestes. Les participants ont perdu en moyenne 6 kg au bout de six mois et seulement 3 kg au bout de deux ans !

     Seule la moitié d'entre eux ont suivi les prescriptions du programme de recherche. Un bon score pour ce type d'étude. Ceux qui ont perdu le plus de poids sont ceux qui ont participé régulièrement aux sessions d'information organisées au cours des deux années. "Notre étude montre que, dans la perte de poids, les facteurs comportementaux jouent un rôle plus important que le métabolisme des trois nutriments." Les promoteurs de ce type de régime doivent maintenant modérer leurs effets d'annonce.

     En 2006, une étude européenne (Nugenob) aux effectifs et à la durée beaucoup plus modestes avait déjà montré qu'à apport calorique égal, le fait qu'un régime soit pauvre ou riche en graisse n'a pas d'incidence sur la perte de poids.

YVES MISEREY

Le Figaro, 26 février 2009

Dr IRENE DROGOU

New England Journal of Medicine, 26 février 2009.

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